Le principe du pouvoir en Afrique francophone

 

    En Afrique francophone, le principe du pouvoir est très simple. Celui qui remue la queue, rampe, lèche les bottes et garantit les "Intérêts de la France", celui-là est jugé apte à gouverner ses compatriotes.
Dès cet instant, le pacte de soumission, d'assujettissement et de réduction de tout un peuple à l'esclavage est signé. Le reste n'est plus qu'une simple formalité, comme l'organisation et la mise en place de la stratégie et de la logistique inhérentes à l'installation de l'affranchi qui, pour le fauteuil offert et son maintien à vie dans celui-ci, exécutera impitoyablement, et dans l'impunité la plus absolue, ce que ses maîtres ne pourront ou ne voudront accomplir de leurs propres. Dès lors, le cycle de la violence, de la barbarie et de la bestialité est mis en place, à la grande satisfaction des commanditaires et des souteneurs.
Ainsi, depuis des décennies, la France est tombée dans cette bassesse inqualifiable où les crimes de sang, les crimes contre l'humanité et les génocides, à son actif, ne se comptent plus. Aussi, ce qui se passe aujourd'hui au Congo-Brazzaville, voire ailleurs, relève de cette logique, de ce plan macabre éhonté.
Pour preuve, non content de l'existence, au ministères des Affaires Etrangères, de la Direction des Affaires africaines, le Palais de l'Elysée dispose et abrite en son sein un département dénommé : "Cellule Africaine de l'Elysée, véritable laboratoire de conception, de faiseurs et défaiseurs de rois en Afrique, où il n'existe aucune Cellule asiatique ou maghrébine, etc., sauf pour l'Afrique, l'Afrique des colonies françaises.
Ce propos, encore une fois, d'aucuns le jugeront sans doute excessif. Peut-être et qu'en sais-je ! Mais, ce qui est sûr et ce qui le conforte, c'est la récente déclaration des Evêques d'Afrique Centrale qui, réunis du 15 au 18 février 2000, à Bangui, dans le cadre du Conseil permanent de l'Association des Conférences Episcopales de la Région de l'Afrique Centrale (ACERAC) qui regroupe les Episcopats du Cameroun, la RCA, le Congo-Brazza, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad, ont lancé un Appel pour les gouvernements, les hommes politiques et les multinationales cessent d'opprimer les peuples par la recherche effrénée du profit.
"L'exploitation de nos ressources naturelles est devenue la source de notre souffrance. Des nations entières sont mises à feu et à sang dans le seul but de préserver les intérêts de l'un ou de l'autre pays étranger et des compagnies internationales", ont-ils déclaré, tout en ajoutant : "Le tribalisme, le manque de transparence dans la gestion publique, l'égoïsme des responsables politiques, la corruption généralisée, minent les structures des Etats et hypothèquent l'avenir de nos pays et les amènent à corrompre ceux qui doivent décider" (Fides, Rome, 25/02/2000).
    Les différents comportements évasifs et refus de la France observés ces dernières années voire très récemment, notamment dans les dossiers, par exemple, de la reconnaissance du génocide arménien, ou du procès de Pinochet, etc., relèvent de cette même logique. Comment cela pourrait-il en être autrement dans la mesure où ceux qui doivent reconnaître les génocides ou condamner ces actes ignobles, sont ceux-là même qui les perpètrent en Afrique ? On ne juge ni ne condamne son complice, son homologue ou son sosie. La France ne le peut donc pas. Autre exemple : en dehors de son discours de Luanda, où il s'est félicité de l'œuvre accomplie en reconnaissant publiquement qu'il est à l'origine de l'hécatombe du Congo-Brazzaville, avez-vous vu M. Jacques Chirac prononcer un seul mot sur le Congo-Brazzaville ? Comment le peut-il puisqu'il en est l'orfèvre ? L'on comprend pourquoi Jacques Chirac, le fonceur, la bulldozer, n'a pas pesé de tout son poids dans l'affaire Pinochet. Et pour cause !
Et donc, à cet égard, il y a lieu de craindre le pire pour nous, pauvres Nègres d'Afrique Noire qu'on ne considère même pas comme des êtres humains à part entière, par ceux qui commanditent les crimes contre l'humanité et les génocides.

Paris, le 06 mars 2000
Jean-Claude Mayima-Mbemba
Représentant de l'ERDDUN et du CNR/FADR
auprès de l'union Européenne

 

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