Kanaky : pour le droit à l'autodétermination

 

      Cet article fait suite à une réunion publique, qui a eu lieu à Paris le 4 mars, organisé par l'AISDPK(1) avec la délégation du FLNKS actuellement en France.En Kanaky, les militants du FLNKS sont déterminés à aller vers l'indépendance en 1998. Pendant ces dix dernières années, l'État français a déversé énormément d'argent, cet argent a bénéficié aux plus riches et de fait a appauvri un peu plus les autres. Cette trêve de dix ans n'a bénéficié économiquement qu'à Nouméa. L'impact des accords de Matignon a surtout eu pour effet de renforcer l'assistanat des populations les plus défavorisées. La Nouvelle-Calédonie est devenue une véritable poudrière. Il faut savoir que pendant cette décennie, la politique de colonisation n'a jamais cessé, ce qui a comme conséquence actuelle de minorer électoralement le peuple kanak (il y a un différentiel de 44 000 électeurs). C'est dans ce contexte qu'une délégation du FLNKS est venue en France négocier l'indépendance, dans un premier temps av

ec le gouvernement français, puis à partir du 31 mars en réunion tripartite avec le RPCR. La délégation du FLNKS a été chargée d'un mandat impératif que lui a donné son dernier congrès : négocier la création d'un Etat-associé. Pour les Kanaks l'indépendance est viable. La Kanaky dispose des ressources naturelles suffisantes (le nickel entre autres), et c'est de la responsabilité de l'État colonisateur d'accompagner cette indépendance. Le FLNKS veut rester vigilant pendant cet accompagnement, pour éviter de retomber dans une autre forme de colonialisme. Pour le congrès du FLNKS, le minimum négociable de l'Etat-associé tourne autour de trois points essentiels : la restitution de la souveraineté nationale. Il y a autour de celle-ci une double légitimité qui doit être partagée. D'abord celle du peuple kanak qui veut retrouver sa souveraineté perdue en 1853, puis celle des autres populations installées depuis par l'État français ; les attributs minimum de cette souveraineté. La gestion de toute

s les ressources naturelles du territoire, avec notamment le projet d'installation dans la province Nord d'une usine de retraitement du nickel. Le contrôle du "flux migratoire" vers la Kanaky. Il s'agit de stopper le processus de colonisation qui n'a jamais cessé. La prise en charge du système éducatif par le nouvel Etat-associé ; négocier les dates pour la marche vers l'indépendance, c'est-à-dire la récupération progressive de tous les attributs d'un État souverain.Si ces trois points ne sont pas acquis, il y a un risque majeur d'arrêt des négociations, et de convocation d'un nouveau congrès du FLNKS.Quel soutien peut-on apporter au peuple kanak ?Tout d'abord, il faut savoir que l'État français devra réformer la Constitution, pour y faire apparaître la notion d'Etat-associé. Nous devrons faire pression sur les législateurs, pour que la nouvelle Constitution soit favorable à tous les peuples voulant s'émanciper.Dans l'immédiat nous devons nous appuyer sur les luttes pour les droits fondamentaux, qui se sont développées ces dernières années en France, et auxquelles participe Alternative Libertaire : droit au logement, droit au travail, droit à la citoyenneté pour tous (Français-immigrés), égalité des droits entre hommes et femmes, pour populariser un autre droit fondamental : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, droit actuellement dénié au peuple kanak par l'État français.A. Crosnier (CAL Montreuil)(1) AISDPK : Association d'information et de soutien aux droits du peuple kanak, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris. FranceE-mail : alainlea@easynet.frL'AISDPK édite le journal "Kanaky".

Alternative Libertaire

 

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